Une auteure d’Arpajon-sur-Cère (Cantal) propose un salon littéraire virtuel

Le confinement est l’occasion de prendre du temps pour soi et pour lire. Plus de 2.100 passionnés de lecture se retrouvent chaque jour dans un Salon du livre éphémère, sur Facebook.

Créer un Salon du livre virtuel, tel était l’objectif de l’Arpajonnaise Céline Bourbon. « Autour de nous, de nombreux salons littéraires ont été annulés, mais nous avons toujours les stocks », explique l’auteure du Journal d’une alcoolique abstinente. Alors, pour tenter de les écouler et afin de passer un bon moment, l’écrivaine a créé un groupe Facebook, « Salon du livre éphémère », et en six jours, ce sont 1.900 personnes qui se sont réunies. Des auteurs, mais aussi des lecteurs qui souhaitent découvrir de nouveaux livres. « Cela permet de promouvoir les petits auteurs, ceux qui sont en auto-édition ou promus par des petites maisons d’édition », poursuit Céline Bourbon.
De tous les genres et de toutes les régions

Au début de la semaine, ce sont les auteurs de la littérature jeunesse qui ont été mis à l’honneur. Mais, dans ce salon, aucune file d’attente ni problème de sécurité, les membres du groupe sont tous très bienveillants et de bonne humeur.

« Ça permet d’égayer cette période morose ! »

Et il suffit d’un post sur le groupe, afin de savoir ce qu’en pensent les auteurs et d’où ils viennent pour avoir bon nombre de réponses enjouées. Catherine Wagner Dudenhoeffer, de Strasbourg, explique avoir adhéré à ce groupe pour plusieurs raisons : « D’abord cette entreprise originale participe à perturber l’ennui qui pourrait s’installer. Puis le côté virtuel offre fraîcheur, sentiment de liberté et humour ».

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Olivier Collard, auteur basé en Corse poursuit : « L’ambiance est excellente, par opposition à un contexte qui me semble de plus en plus heurté ».
Désormais, ce sont les romances qui sont à l’honneur. Et n’en déplaise à Céline Bourbon : « J’ai vraiment tous les genres présents sur ce Salon ». Alors, tous ces « petits auteurs » vont être à la tête de l’affiche à un moment donné.

Et ce, toujours dans la bonne humeur ambiante. « Nous gardons ainsi le contact avec nos collègues auteurs et les lecteurs. J’imagine quel sera notre bonheur quand nous pourrons nous revoir en vrai », résume Émile Malaquin-Lapawa, depuis le département du Nord.
Se prendre au jeu du Salon

Et les messages similaires affluent, de partout en France, et même des pays frontaliers. Il y a des auteurs provençaux, des Bourguignons, des Ligériens, des Rhônalpins, des Lorrains et des Belges.

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Et certains, qui connaissent bien le fonctionnement des salons littéraires, se prêtent littéralement au jeu. Yves Montmarrin, originaire de la Loire, accueille les visiteurs sur son stand, « avec du thé, du café et des muffins à la fraise ». D’autres « ont dépoussiéré leur stand à l’annonce du passage d’une journaliste », s’amuse Céline Bourbon.

« L’imagination est sans fin, le confinement libère les neurones. »

L’auteur ligérien a même organisé une table ronde, sur la thématique de « Comment donner de la visibilité à son roman ». Des conseils que tous peuvent piocher, notamment les jeunes auteurs qui ne connaissent pas nécessairement le fonctionnement d’un salon. Ils se rencontrent entre eux, mais font aussi la connaissance de leurs lecteurs et peuvent échanger à propos de leurs pratiques d’écriture ou même de commercialisation de leurs productions.

Florence Brichau-Prado écrit depuis la Sarthe, dans l’ouest de la France et en est convaincue. « Les rencontres salons sont merveilleuses, car ce n’est pas juste pour faire du business, c’est un moyen de connaître nos lecteurs, de savoir ce qu’ils aiment ».
Certains en sont à plus d’une vingtaine d’ouvrages quand d’autres débutent à peine dans le monde de l’édition. Bruno Bouzounie, écrivain landais, résume : « Ce salon est très important en période de confinement car il nous permet de garder du lien avec la lecture, les auteurs et les lecteurs. De plus l’ambiance est très sympathique ».

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Et ça chambre, ça discute, ça échange, le groupe ne cesse jamais.
De plus, ce salon permet aux auteurs de continuer à écrire, à réfléchir, à imaginer. Quelques-uns proposent des chroniques quotidiennes à propos du confinement, d’autres imaginent des petits jeux.
Mais cette parenthèse dans les vies de lecteurs ou d’auteurs prendra fin sitôt que le confinement sera terminé. « Je le refermerai une fois que cet épisode sera terminé, car nous aurons tous nos vies à reprendre », conclut l’auteure cantalienne.

Le groupe Facebook s’appelle « Salon du livre éphémère », il est nécessaire de répondre à quelques questions avant de s’y inscrire, mais tout un chacun peut y trouver son bonheur.

Estelle Lévêque

https://www.lamontagne.fr/arpajon-sur-cere-15130/actualites/une-auteure-d-arpajon-sur-cere-cantal-propose-un-salon-litteraire-virtuel_13769375/

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