L’Auvergnat Maxime Costilhes, maître des brasseurs au Salon de l’agriculture

Diplômé de Sciences politiques, passé par le ministère de l’Intérieur et l’Élysée, l’Auvergnat Maxime Costilhes dirige, à seulement 34 ans, le syndicat des Brasseurs de France. Une expérience passionnante dans un secteur en plein essor.

Il a les clés de l’un des endroits les plus secrets et les plus courus du Salon de l’agriculture. Celles du bar VIP des Brasseurs de France, qui fait saliver tous les amateurs de (bonne) mousse. Avec son comptoir où s’alignent 21 tireuses à bière pression, plus les 300 bières différentes en bouteille, il y en a pour tous les goûts.

Une caverne d’Ali Baba brassicole qui illustre à merveille le renouveau d’un secteur autrefois sinistré. Du haut de son mètre quatre-vingt-neuf, Maxime Costilhes en est le chef d’orchestre depuis un peu plus de deux ans.

Natif de Clermont-Ferrand

Délégué général du syndicat des Brasseurs de France, le natif de Clermont-Ferrand, qui a grandi à Ceilloux, dans le Livradois-Forez, au sein d’une famille de marchands de bestiaux, égrène des chiffres à faire pâlir d’envie d’autres secteurs agricoles.

Une brasserie nouvelle ouvre tous les jours en France. Nous créons 700 emplois nets par an, ce qui fait de nous le premier secteur de l’agroalimentaire. Ce qui est bien, c’est que l’on peut créer de l’emploi partout. Il existe, par exemple, une brasserie à Saint-Amant-Roche-Savine, une autre à Courpière. De ce fait, j’ai vraiment l’impression de travailler pour chez moi, avance cet ancien joueur de basket, tout juste âgé de 34 ans.

Success story

C’est presque avec des yeux d’enfants que l’Auvergnat conte cette success story tricolore.

« Dix ans en arrière, il n’existait quasiment pas de brasseries artisanales. Il y en a maintenant dans toutes les régions. Auvergne-Rhône-Alpes est celle qui en possède le plus, soit 350. Il y en a aujourd’hui plus qu’en Belgique. Tout le monde était en difficulté parce que l’on ne buvait plus de bière. Son goût était jugé trop standardisé. Cela a failli tuer la brasserie. On était dans un cercle vicieux où moins les gens consommaient de bière, plus les brasseurs essayaient de faire des produits capables de plaire à tout le monde. Et c’est l’inverse qui s’est produit. » Lors des cinq dernières années, tout a basculé.

Le développement de brasseries artisanales, qui produisent des bières variées en fonction du territoire et de ses matières premières, a ramené une diversité très forte et tire la consommation vers le haut.

Avec 33 litres par an et par habitant, la France reste cependant très loin de la République Tchèque et de ses 140 litres. « Mais nous sommes partis de 30 litres en 2014 », insiste le délégué général.

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Objectif ? Fédérer les brasseries

Fort de 300 adhérents, le syndicat des Brasseurs de France pèse 98 % de la production nationale. « Le plus dur, pour nous, est d’aller chercher toutes les petites brasseries qui s’ouvrent chaque jour. Mais c’est bien notre rôle. Car l’objectif est de fédérer », dit-il, dans un élan qui fleure bon le phrasé politique.

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Dans des ministères, à l’Élysée

Presque une seconde nature pour l’ancien élève du lycée de Fénelon à Clermont-Ferrand, diplômé de Science po Grenoble, qui était programmé pour une carrière dans les affaires publiques et politiques. Un chemin tout tracé qui l’a mené d’abord, en 2009, au Parlement européen des jeunes.

Je suis ensuite rentré au cabinet de Brice Hortefeux au ministère des Affaires sociales. Je l’ai suivi à l’Intérieur, en intégrant la cellule diplomatique où je m’occupais des questions européennes. Je suis devenu par la suite chef de cabinet en 2010. Quand Claude Guéant est arrivé, il m’a gardé. Puis, je suis parti début 2012 à l’Élysée comme chef adjoint de cabinet de Nicolas Sarkozy.

Candidat « contre Dédé Chassaigne »

Un CV déjà costaud rehaussé par une pointe de joutes électorales. « Comme personne à droite ne voulait se présenter en 2012 contre Dédé Chassaigne, on m’a demandé d’y aller. Dédé et mon père étaient à l’école ensemble. On s’est bien amusés. Mais j’ai perdu », rigole-t-il.

Après un détour par la SNCF, aux relations internationales, Maxime Costilhes devient directeur de campagne de Bruno Le Maire, en 2015, pour préparer la primaire de la droite en vue de la présidentielle 2017. « On a beaucoup travaillé sur les questions agricoles. En raison de mes origines, je suis beaucoup touché par les difficultés du secteur », avoue-t-il. Une sensibilité à l’origine de son engagement avec les Brasseurs de France.

Je m’amuse parce que je fais ce que j’aime. Je protège les brasseurs de décisions surréalistes, mal éclairées. Je m’occupe de la relation avec les élus, le gouvernement sur la législation. Et bien sûr, de la promotion, comme sur le Salon, où nous accueillons 40.000 visiteurs.

Un job taillé sur mesure pour ce bon vivant, amateur de karaoké, viscéralement attaché à son Livradois-Forez, qui aime à fredonner son tube à lui. « Ceilloux, say me ». 

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Dominique Diogon

https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/l-auvergnat-maxime-costilhes-maitre-des-brasseurs-au-salon-de-l-agriculture_13753656/

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