Pierre Teilhard de Chardin

Jacques Arnould – publié le 02/07/2010

Pionnier du dialogue entre science et christianisme, ce prêtre jésuite, géologue de formation, considérait que l’évolution humaine, fruit d’une complexification croissante de la matière, devait être portée par une foi intense en un « Christ cosmique ».
Pierre Teilhard de Chardin (1881 – 1955)

Pierre Teilhard de Chardin (1881 – 1955)

Des monts d’Auvergne aux gratte-ciel new-yorkais, des tranchées de la Première Guerre mondiale à la Chine occupée par les Japonais, des falaises anglaises aux rives de la mer Rouge, des forêts d’Indonésie aux collines d’Afrique du Sud, Pierre Teilhard de Chardin, scientifique et jésuite, n’a rien ignoré de ce qui est humain ; son principal ouvrage, publié l’année même de sa mort, en 1955, ne s’intitule-t-il pas Le Phénomène humain ?

La censure des autorités romaines
Né en 1881, au pied des monts d’Auvergne, son intérêt pour les sciences de la nature s’est d’abord tourné vers les pierres et, longtemps, la géologie reste son principal centre d’intérêt scientifique ; pour autant, témoin et acteur de l’histoire mouvementée des découvertes en paléo-anthropologie, au début du XXe siècle, il prend vite une part active aux recherches et aux débats sur nos ancêtres, les premiers hommes.

Compromis dans l’affaire de l’homme de Piltdown – une erreur scientifique ou un canular des années 1910 -, il participe activement à l’étude de l’homme de Pékin, le Sinanthrope, aux fouilles menées en Indonésie ou encore, au début des années 1950, en Afrique du Sud. Convaincu du fait de l’évolution – même s’il en discute les mécanismes avec ses collègues, plus proches des idées de Charles Darwin -, il s’inquiète de voir ses coreligionnaires ignorer obstinément les découvertes de la science moderne, pour s’en tenir à une lecture historique de la Bible et à une vision étriquée de la théologie ; il prêche un Christ « toujours plus grand » et retrouve les accents des Pères de l’église pour lui conférer une stature cosmique.

Que reste-t-il désormais de cet homme qui, dès les années 1920, a été condamné au silence de la parole et de la plume par les autorités romaines, puis envoyé en exil en Chine ? Sans aucun doute, un riche héritage philosophique et théologique – sans parler de ses publications scientifiques, indemnes de toute interdiction -, que ses amis se sont empressés de publier dès sa mort. Nombreux ont été les jeunes chrétiens, dans les années qui ont précédé Vatican II, à y trouver une pensée certes complexe mais tellement inspirée et « en prise » avec les réalités intellectuelles et sociales de leur temps. Et, malgré les mises en garde répétées de la hiérarchie catholique, elle a progressivement admis que Teilhard de Chardin pouvait constituer une référence – au risque de devenir un alibi – en matière de dialogue entre la science et la foi chrétienne.

Un regard optimiste sur l’humain
Aujourd’hui, l’engouement semble être passé ; les célébrations préparées à l’occasion du cinquantenaire de son décès n’ont probablement pas touché d’autres cercles que ceux qui déjà le connaissaient, pour l’admirer ou pour le critiquer. Est-ce à dire que son heure soit passée ? Certainement pas, mais sans doute faut-il retrouver, derrière les visions fulgurantes et les idées originales, l’histoire d’un homme qui n’a jamais cessé de chercher à unir sa quête et son intelligence de Dieu à son amour pour les hommes et les femmes de son temps. Sans prosélytisme intempestif, sans zèle indiscret, loyal dans son effort scientifique, sincère dans ses convictions religieuses, il propose de porter un regard sur l’humain, sur l’humanité, dont l’optimisme n’a jamais sacrifié la lucidité.
1 Le temps

Vers 1886 ou 1887, à Sarcenat en Auvergne, le village où la famille Teilhard de Chardin passe volontiers le temps des vacances, Pierre a cinq ou six ans ; sa mère vient de lui couper une mèche de cheveux. Il s’en empare et, par jeu, les soumet à l’ardeur de l’âtre : évidemment, ils noircissent, se tordent, finissent par brûler. Pierre en est choqué, meurtri ; il se met à pleurer. C’est son premier souvenir d’une expérience commune à tous les humains : la vie, y compris la sienne, est fragile, périssable. Soixante ans plus tard, dans Le Cœur de la matière (1976), il écrit qu’il a commencé, dès ce jeune âge, à être attiré par la matière « ou plus exactement par quelque chose qui “luisait” au cœur de la matière ». C’est l’époque de ce qu’il nomme son « Dieu de fer », le début de la recherche du durable, de l’inaltérable, de l’irréversible, de ce qui s’oppose à l’œuvre destructrice du temps. Quelle déception, lorsqu’il découvre que le fer rouille… De nombreuses années passent avant qu’il ne découvre et n’admette que la consistance dont il rêve relève moins de la persistance que d’un mouvement de convergence.

L’horizon que peut embrasser le regard du géologue, du paléontologue est plus large que celui de l’enfant et pourtant, il doit en reconnaître les limites. « Quand j’essaierai de me figurer le monde avant les origines de la vie, ou la vie au paléozoïque, écrit Teilhard dans le prologue au Phénomène humain (1955), je n’oublierai pas qu’il y aurait contradiction cosmique à imaginer un homme spectateur de ces phases antérieures à l’apparition de toute pensée sur Terre. Je ne prétendrai donc pas les décrire comme elles ont été réellement, mais comme nous devons nous les représenter afin que le monde soit vrai en ce moment pour nous : le passé, non en soi, mais tel qu’il apparaît à un observateur placé sur le sommet avancé où nous a placés l’évolution. »

Une telle invitation à la modestie, voire à l’humilité, parce que l’homme est enfoui dans « les nappes du temps et de l’espace », n’empêche pas Teilhard de professer une foi inébranlable dans le progrès et d’enthousiasmantes – parfois étonnantes – visions d’avenir. « Malgré le chaos apparent du monde, écrit-il à un ami scientifique en février 1947, je reste optimiste ; parce que, dans l’ensemble, les événements me paraissent aller dans la direction qu’il fallait attendre : une unification “planétaire” de l’humanité, opération suprêmement dangereuse, mais biologiquement inévitable, pour laquelle nous serons (et sommes déjà) obligés de tendre toutes les meilleures énergies spirituelles. » Car, pour lui, il ne fait aucun doute que la réalité, tant cosmique que biologique, est issue, est marquée par des processus de complexification dont a progressivement émergé la conscience, dont les premières traces sont à rechercher, selon Teilhard, dès les stades les plus rudimentaires de la matière : « Si, à un état prodigieusement rudimentaire sans doute, mais déjà naissant, quelque propension interne à s’unir n’existait pas, jusque dans la molécule, il serait physiquement impossible à l’amour d’apparaître plus haut, chez nous, à l’état hominisé » (Le Phénomène humain).
2 L’amour et la mort

« L’amour a toujours été soigneusement écarté des constructions réalistes et positivistes du monde, regrette Teilhard dans Le Cœur de la matière. Il faudra bien qu’on se décide un jour à reconnaître en lui l’énergie fondamentale de la vie, ou, si l’on préfère, le seul milieu naturel en quoi puisse se prolonger le mouvement ascendant de l’évolution. » Ainsi, la vie n’est-elle pas seulement la seule conséquence d’une complexification progressive de la matière, mais le travail de l’amour – « l’affinité de l’être pour l’être », précise-t-il ailleurs – au sein même de la matière. Loin de le réduire à sa face sentimentale, Teilhard considère l’amour comme la seule force, la seule énergie capable d’achever les êtres grâce à cette alchimie qui, remarque-t-il, est celle qui s’opère au sein d’un couple, d’une équipe : réunir tout en personnalisant ; il n’hésite donc pas à parler d’« amorisation ».

Pour l’être humain, pour le chrétien auquel Teilhard s’adresse plus directement dans son œuvre la plus mystique, Le Milieu divin (1957), ce processus s’inscrit dans le cours quotidien d’une existence où se mêlent actions et réactions, initiatives et dépendances ou encore, pour reprendre les termes du jésuite, « activités et passivités ». Car l’être humain reçoit sa part de responsabilité dans cette œuvre de rassemblement et d’union : il porte l’avenir autant qu’il est porté par lui. Pour cette raison, il doit accepter de quitter la tranquillité, le repos, d’abandonner sans cesse les produits de son travail, de son art, de sa pensée, même les plus aimés, pour s’arracher à lui-même et se surpasser. L’action la plus humble, si elle est fidèle à ce mouvement d’amorisation, s’en trouve soulevée, dilatée.

Pour autant, l’existence humaine n’échappe pas à l’échec suprême, à l’obstacle absolu, à l’horreur qu’est la mort. Le 18 mars 1934, touché par le décès de Davidson Black, un paléontologue américain qu’il considère « plus qu’un frère », Teilhard confie à l’abbé Breuil son désarroi : « Quelle chose absurde, en apparence, que la vie ! Tellement absurde qu’on se sent rejeté sur une foi opiniâtre et désespérée en la réalité et les survivances de l’Esprit. Autrement (s’il n’y a pas un Esprit, veux-je dire), il faudrait être des imbéciles pour ne pas faire grève à l’effort humain. »

Si le monde est riche en passivités, autrement dit en dépendances, qui peuvent servir à l’être humain de points d’appui, d’intermédiaires pour avancer, la mort rend cette marche vers l’avenir hasardeuse et effrayante. Teilhard l’a suffisamment expérimenté dans les tranchées de la Grande Guerre pour, en fin de compte, faire de son œuvre « une vaste méditation sur la mort », selon l’expression d’Henri de Lubac. Jamais l’auteur du Phénomène humain ne ramène cette idée à de simples considérations biologiques ; jamais, non plus, il ne s’y résigne. Il croit plutôt – car sa posture relève bien de la foi – que « l’Esprit, dans son ensemble, ne reculera jamais ».

En 1934, il conclut ainsi son Comment je crois : « On pourrait penser que, en avant de ma vie, l’avenir se découvre serein et illuminé. Pour moi, sans doute, la mort apparaît juste comme un de ces sommeils après lesquels nous ne doutons pas de voir se lever un glorieux matin. Il n’en est rien. Sûr, de plus en plus sûr, qu’il me faut marcher dans l’existence comme si au terme de l’univers m’attendait le Christ, je n’éprouve cependant aucune assurance particulière de l’existence de celui-ci. Croire n’est pas voir. Autant que personne, j’imagine, je marche parmi les ombres de la foi. »
3 Le Christ cosmique

« Vous êtes l’influence dominatrice qui nous pénètre, nous tient, nous attire, par la moelle de nos désirs les plus impérieux et les plus profonds ; vous êtes l’Être cosmique qui nous enveloppe et nous achève dans la perfection de son unité. C’est bien ainsi, c’est bien pour cela, que je vous aime par-dessus tout ! » Celui dont Teilhard de Chardin parle ainsi, dans La Vie cosmique, rédigée en 1916, c’est du Christ. Il n’en dit pas autre chose, en 1950, lorsqu’il rédige une prière au « Christ toujours plus grand » (Le Cœur de la matière). Le Christ, sa personne comme son action, constitue une clé essentielle pour comprendre non seulement la pensée mais aussi la vie de Teilhard : il est aussi christocentrique – christocentré devrais-je plutôt écrire – que l’est François d’Assise.

Cette place accordée au Christ, Teilhard la prépare, la dessine au terme du Phénomène humain : « Que l’univers […] prenne en avant, pour nous, un visage et un cœur, qu’il se personnifie, si l’on peut dire. Et aussitôt, dans l’atmosphère créée par ce foyer, les attractions élémentaires trouveront à s’épanouir. » Il juge ainsi nécessaire de poser, de reconnaître, d’accepter « la réalité et le rayonnement déjà actuels de ce mystérieux centre de nos centres que j’ai nommé Oméga ». Affirmer l’existence de ce point Oméga, posé au-delà de l’humain et même de ce que Teilhard appelle « l’Ultra-Humain », appartient-il encore au champ que Teilhard a tracé pour son Phénomène humain, « rien que le phénomène » ? Probablement pas, mais plutôt à celui de la métaphysique et de la théologie. Car son lecteur le découvre rapidement, explique Gustave Martelet, « Oméga est le nom du Christ qu’emploie Teilhard pour parler de lui et de son rôle lorsqu’il s’adresse à ceux qui ne le connaissent pas ».

Ce Christ, Teilhard refuse de le réduire aux seules dimensions de notre humanité terrestre, et peut-être aussi de notre raison humaine : il n’est pas question qu’il soit plus petit que le monde ! Alors, Teilhard trouve dans la tradition biblique, patristique puis théologique les fondements d’une christologie cosmique : « Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute la plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (épître aux Colossiens 1, 19-20). À ce Christ, est confiée une œuvre de réconciliation, dans un monde et une histoire où la mort et le péché existent encore, l’« omégalisation » – Teilhard avait l’habitude de créer des termes de toutes pièces – qui, explique-t-il dans des notes de retraite, « n’est pas seulement la sublimation de l’humain : c’est l’attraction d’un autre… non seulement qui émerge (comme les omégas) mais qui fait tout (s’)émerger autour de lui ». Et si, en fin de compte, la clé pour comprendre Teilhard, son secret pourrais-je dire, était cette dernière idée : l’attraction d’autrui, l’attraction de l’autre ?
Pour aller plus loin

■ Pierre Teilhard de Chardin, Le Milieu divin (1927, Œuvres, tome IV, Seuil, 1957), Le Phénomène humain (1940, Œuvres, tome I, Seuil, 1955), Le Cœur de la Matière (1950, Œuvres, tome XIII, Seuil, 1976).
■ Gustave Martelet, Et si Teilhard disait vrai… (Parole et silence, 2006).
■ Édith de la Héronnière, Teilhard de Chardin, une mystique de la traversée (Albin Michel, 2003).
■ Patrice Boudignon, Pierre Teilhard de Chardin, sa vie, son œuvre, sa réflexion (Cerf, 2008).
Le texte

Journal, 17 mai 1918
C’est sans doute une conception chrétienne bien imparfaite que celle qui se donne comme idéal de « traverser la vie » en restant pure. Comme si la vie était une chose mauvaise et dangereuse, et non le chemin de l’être. L’idéal chrétien est sans doute de se mêler profondément à la vie, pour la purifier, et s’y purifier. La vie n’est pas de la boue, mais de l’or à raffiner…
Le commentaire

De la boue, Teilhard de Chardin en a fait l’expérience au cours des quatre années qui ont précédé la rédaction de cette page de son Journal : il a été mobilisé en décembre 1914 et a participé aux batailles les plus sanglantes du conflit, depuis Dunkerque jusqu’à Strasbourg ; en mai 1921, il reçoit la Légion d’honneur pour avoir été un « brancardier d’élite », « un modèle de bravoure, d’abnégation et de sang-froid ». Son idéal n’est donc pas un vain mot ; il l’a bel et bien incarné.

De cette expérience des tranchées, de l’état de Poilu, il en parle moins comme d’un baptême dans le réel, comme d’un moment de naissance, de genèse non pas seulement d’une pensée – même si les lettres qu’il envoie à ses parents, à ses amis, à ses confrères en sont déjà riches – mais aussi de l’être. « J’ai honte de moi, reconnaît-il, quand je me sens aussi timide, alors que des milliers de combattants se lancent à l’assaut et se font tuer chaque jour depuis trois semaines. Je suis humilié… et un peu inquiet sur l’efficacité de mes principes les plus chers, sur la solidité de ma vie surnaturelle. »

Il ne faudrait pas lire, dans ces propos, l’expression d’un esprit belliqueux, mais celle d’un sentiment de frustration, mêlé de jalousie, si dur à supporter pour un homme de la trempe et, paradoxalement peut-être, de la charité de Teilhard ; pour un homme issu d’une famille dont la devise est : « De feu est votre vigueur et du ciel leur naissance. » Un étrange baptême, donc, que celui du front dont Teilhard avoue qu’il a besoin « parce que je suis, ainsi que tout humain doit l’être, un explorateur et un exotique ». Rien d’étonnant dès lors s’il avoue ressentir, une fois le conflit terminé, une véritable nostalgie pour le front, pour cette occasion, violente mais unique à ses yeux, d’aborder des rives nouvelles. D’une certaine manière, la suite de son existence est comme marquée par le désir de retrouver une telle expérience : se tremper dans la matière, se « baigner dans ses nappes ardentes ».

Ceux qui s’étonneraient de découvrir un tel état d’esprit, une telle spiritualité chez un chrétien, qui plus est un prêtre, doivent lire ou relire ce que Teilhard a appelé sa Messe sur le monde, une étonnante prière dont il a commencé la rédaction dans les forêts de l’Aisne et qu’il a achevée dans le désert de Gobi. Une prière où il demande à Dieu d’agir dans sa matière, de la transformer, de lui faire subir cette indispensable transformation, cette inévitable métamorphose. Il faut aimer Dieu, affirme Teilhard, caché dans les forces qui animent la Terre et celle-ci fera contempler au croyant le visage de Dieu, ce Dieu qui « anime, assouplit, réchauffe la moindre des énergies qui me pénètrent ou me frôlent ». Telle est la foi de Teilhard de Chardin.

http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2010/42/pierre-teilhard-de-chardin-02-07-2010-485_160.php

https://citations.ouest-france.fr/citations-pierre-teilhard-de-chardin-837.html

https://www.lefigaro.fr/culture/2014/08/13/03004-20140813ARTFIG00263-pierre-teilhard-de-chardin-ou-la-passion-de-l-infini.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Teilhard_de_Chardin

Marie-Joseph-Pierre Teilhard de Chardin est issu d’une très ancienne famille auvergnate de magistrats originaire de Murat Cantal et dont sa branche a été anoblie sous le règne de Louis XVIII.

Œuvres de Teilhard

De 1955 à 1976, son œuvre est publiée à titre posthume par sa secrétaire et collaboratrice, Jeanne Mortier, qu’il a faite son héritière éditoriale de son œuvre dite non scientifique. Celle-ci occupe treize volumes :

  1. Le Phénomène humain, (1955)
  2. L’Apparition de l’homme, (1956)
  3. La Vision du passé, (1957)
  4. Le Milieu divin, 1957
  5. L’Avenir de l’homme, (1959)
  6. L’Énergie humaine, (1962)
  7. L’Activation de l’énergie, (1963)
  8. La Place de l’homme dans la nature, (1965), éd. Albin Michel, Coll. Espaces libres, 1996
  9. Science et Christ, 1965
  10. Comment je crois, (1969)
  11. Les Directions de l’avenir, (1973)
  12. Écrits du temps de la guerre, (1975)
  13. Le Cœur de la matière, (1976)

source wikipedia.org

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