Quatre-vingt huit reines des neiges ont bravé le verglas pour rejoindre Aurillac (Cantal)

Le 25e Raid des neiges des ancêtres automobiles est arrivé, ce samedi, devant une foule nombreuse rassemblée aux Carmes. Venues d’Orléans chercher la neige, ces vieilles dames ont trouvé… le verglas.

Risquer de faire sortir des voitures de collections par un froid de canard?? À côté de sa Panhard 24 BT de 1964, Marc montre la centaine d’admirateurs venus voir les voitures du 25e Raid des neiges des ancêtres automobiles, hier, aux Carmes. « Il faut rouler avec ces voitures, lâche-t-il, comme une évidence. Regardez le public. Il ne serait pas venu la voir dans mon garage… »

Partie d’Orléans vendredi, l’épreuve est arrivée à Aurillac hier. Avec sur la route un col du Perthus dantesque, verglacé à souhait côté Mandailles. Pas de quoi le décourager, ni lui ni les 87 autres concurrents venus chercher la convivialité cantalienne. Jean-Pierre Gonzalez a froissé une jante à l’avant de sa deux-chevaux, pourtant. Il se marre : « On la réparera?! C’est pour le plaisir de rouler avec. » Et pour prolonger le plaisir, rencontre avec quatre passionnés présents hier, aux Carmes…

L’hybride : une berline et un moteur de course

Axel Voos, qui vit près de Cologne, en Allemagne, sait tout de cette BMW 525 préparée par BMW Motorsport. Elle a la caisse d’une berline, le confort d’une berline, mais le liseré sur l’aile permet de ne pas s’y tromper : sous le capot, c’est un monstre de trois litres qui rugit. « Avec ce moteur-là et cette carrosserie-là, c’est un modèle d’une grande rareté, sourit le grand blond. C’est ce mélange qui m’a plu. » Et pour faire les 600 kilomètres depuis Orléans, pas de problème : elle n’a pris que les bons côtés à la fois de la berline allemande mais aussi de la voiture de course…

La sportive : petit moteur, mais gros cœur

Prendre le volant d’une Matra Murena, c’est savoir que tout le poid est à l’arrière, et que la puissance du moteur, ici un 1.600 cm3 de 100 chevaux pour 950 kilos, part… sur les roues arrières. En bref : elle est joueuse. Pour Yves Camus, habitué aux plus sages Deux-chevaux et Visa de chez Citroën, « c’est une excellente voiture ». Pour la régularité, le problème reste de se cantonner à la moyenne horaire basse, autour de 50 km/h. Bloqué par des concurrents plus prudents dans la descente du Perthus, il concède pourtant, s’être fait quelques belles chaleurs au volant de la belle. Peur de la casser ? « J’ai acheté une voiture de collection, ce n’est pas pour la montrer dans mon garage ! »

La reine : le plaisir de rouler en Panhard

Au volant, Marc, à côté, son épouse. Pour ces deux-là, automobile rime avec Panhard, mythique marque des années 60 : « Je suis tombé dedans quand j’étais petit, rigole le pilote. Mon père était artisan, il avait une camionnette Panhard, on partait en vacance avec. » Apprenti mécanicien, il travaille sur la marque, puis s’en procure pour son plaisir personnel, jusqu’à celle-ci, une 24 BT de 1964. « Je l’ai acheté dans une grange, en épave. Tout ce que je sais, c’est qu’elle avait flambé à l’arrière », sourit-il. Derrière, la restauration est assurée, et aujourd’hui elle roule… à son rythme. Pas la peine de faire la course avec cette voiture confortable – quatre freins à disques tout de même – qui ne dispose que d’un petit moteur de 850 cm3 pour deux cylindres. Le plaisir est ailleurs…

L’étonnante  : une Deux-chevaux préparée par Hoffmann

Elle ne ressemble pas vraiment à la fameuse « Deuche » du grand-père, et pourtant… Hier, cette Deux-chevaux avec un kit Hoffmann, trouvée au Portugal par le gendre de Jean-Pierre Gonzalez – un beau cadeau – a fait son petit effet sur la place des Carmes. Pourtant, hormis la drôle de malle, le véhicule est identique à celui que vous connaissez : vous pourrez transporter des œufs sur un champ labouré sans les casser. Jean-Pierre et Éric Gonzalez, amoureux de la marque Citroën, ont passé deux jours complets dans cette petite voiture deux places au bruit du flat-twin. Avec une définition de la passion : « Ce sont des sensations personnelles qui font que c’est inexplicable. Vous me donneriez une Porsche, je n’y prendrai pas plus de plaisir. Il y a le bruit, l’odeur de la Deux-chevaux. C’est particulier ! Aujourd’hui, les voitures sentent le parfum que vous y mettez, et c’est tout… »

Pierre Chambaud

https://www.lamontagne.fr/aurillac-15000/loisirs/quatre-vingt-huit-reines-des-neiges-ont-brave-le-verglas-pour-rejoindre-aurillac-cantal_13721870/

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