L’Auvergne, l’autre pays du ski nordique

L’Auvergne est un des plus importants spots de ski de fond en France. Un sport d’hiver qui s’avère plus économique et moins dangereux que le ski alpin pour passer de bonnes vacances en famille.

Ils sont de ceux qui préfèrent le calme des bois au brouhaha des stations de ski alpin. On les appelle « fondeurs », praticiens du ski de fond, un sport qui muscle les cuisses et brûle les poumons. À vrai dire, ski de fond et alpin n’ont en commun que l’appellation « ski » : « Pendant que les skieurs alpins montent en télésièges et descendent les pistes, nous préférons explorer les montagnes dans le calme » témoigne Aline, familière des zones nordiques du Puy-de-Dôme.

La pratique est populaire dans la région, notamment grâce à ses 250 km de pistes balisés. Le Puy-de-Dôme possède trois principaux domaines nordiques : la plaine des Moutons, le Madalet, et Pertuyzat. Néanmoins la météo est capricieuse cette saison : « La plaine des Moutons et Pertuyzat sont difficilement praticables à cause du vent et du gel, ce qui n’est pas indiqué aux débutants », conseille-t-on à l’Office du tourisme de Super Besse. Il reste toutefois d’autres sentiers, protégés des vents par la forêt, comme Madalet ou la Stèle, plus conseillés aux novices.

Les enfants plus doués que leurs aînés

Malgré tout, la région reste prisée des fondeurs. Olivier Roy fait partie de ces amoureux de l’endurance : « Comparé aux Alpes, l’Auvergne c’est le paradis pour le ski de fond. »

Pour les moniteurs, le plus compliqué reste de calmer les ardeurs de ceux qui, une fois les skis chaussés et la technique à peu près maîtrisée, se sentent une âme d’athlète. « Les plus jeunes acquièrent assez rapidement les bases, et puis, forcément, ils cherchent la vitesse » explique Yannick, moniteur de ski de fond, quelque peu fatigué par l’enthousiasme des jeunes recrues.

En ski de fond, le premier défi se nomme stabilité : « J’ai l’impression d’avoir les pieds arrimés à deux morceaux de glaçons » se plaint un débutant. Mais plus on résiste à la tentation de tout laisser tomber pour un café chaud, plus les skis fins et raides se font dociles. On répète les règles comme un mantra pour ne pas s’affaler sur la poudreuse, les pieds en l’air et la face dans la neige.

« Positionner, stabiliser, pousser… », chuchote une fillette sous le regard amusé de sa mère. Les enfants semblent plus habiles que leurs parents ; « Ils apprennent souvent par imitation », confirme un habitué des pistes du Madalet.

Pour les adultes, les pas s’avèrent plus compliqués à reproduire. Malgré tout ils s’y font, plus ou moins rapidement. En une heure, un groupe de néophytes semble avoir maîtrisé le pas classique. Les cadences s’accélèrent, l’assurance prend le dessus sur l’appréhension des premiers essais. Et puis la chute arrive, inévitablement. Heureusement, l’hilarité désamorce le plus souvent la gêne, et anesthésie la douleur. « J’aurais sûrement quelques bleus demain, mais ça en valait la peine », assure une skieuse.

Pour les débutants, le ski de fond revêt un aspect prodigieusement délassant, « c’est souvent le cas quand on découvre la sensation », confie Yannick. Au fil des balades, les paysages changent, passant du blanc immaculé des plaines enneigées, aux chemins forestiers à l’abri des sapins aux branches denses et gelées.

Et puis le geste, mécanique, devient presque un réflexe. On glisse sur la neige, en laissant filer le regard sur les paysages alentours. « On ne ressent la fatigue qu’une fois arrivé, témoigne Olivier, le paysage fait oublier l’effort. » 

Sid Benahmed

Le domaine nordique du Prat-de-Bouc dans le Cantal

Pour prendre conscience de la popularité grandissante du ski de fond auprès des familles, il suffit de se rendre un lundi matin sur les pistes du Domaine nordique de Prat-de-Bouc Haute Planèze (Cantal).

Matthias, moniteur diplômé d’État, attend justement un groupe de douze enfants et adultes. Le matériel loué sur place pour la plupart d’entres eux, les skieurs se positionnent d’emblée sur les rails – autrement dit les lignes tracées et damées à cet effet – pour former le train de la découverte du ski de fond… alternatif. Le ski de fond des origines, celui qui se rapproche de la marche. Mais glisser avec aisance, même guidé par les rails creusés dans la neige, n’est pas immédiat.

Le ski de fond un sport et un loisir à la fois

C’est là qu’intervient Matthias. « Il faut accompagner ses skis et s’économiser ». Face à lui, des familles du Cantal, de Haute-Loire, de Bretagne et même… de Manchester, en Angleterre.

Guillaume et Gaëtan, deux Aurillacois, s’en donnent à cœur. Il est vrai que ce jour-là, les conditions sont particulièrement agréables. « C’est la première fois qu’on essaye le ski de fond et on n’est (toujours) pas tombés ! ».

Les chutes sont arrivées plus tard, quand il a fallu aborder la descente. Pour Cathy qui accompagne les deux adolescents, c’est également une découverte. Pourtant habituée à la glisse, la pratique lui semble plus compliquée. Du moins au début. « Je pratique le ski alpin que je maîtrise bien. Mais avec le ski de fond, dans les rails, bizarrement ça me paraît plus dur (rires) ».

Alternatif ou skating

Si pour certains, ces deux heures constituent une véritable initiation, pour d’autres, l’objectif est d’améliorer la technique tout en prenant un bon bol d’air. C’est le cas de Véronique qui profite du cours gratuit pour : « Parfaire la technique et surtout apprendre à m’arrêter dans les descentes ».

Des cours individuels, et payants cette fois, sont possibles mais, déjà, tous les fondeurs et fondeuses acquièrent de façon ludique les bases de cette activité de loisir. Qui peut être également un sport physique très exigeant. Notamment avec le skating, où pas du patineur, qu’enseigne le moniteur gratuitement l’après-midi. Autant avoir un bon cardio afin de tenir un le rythme.

Les adeptes du running, du trail ou du vélo s’y retrouvent d’ailleurs. Tout comme les supporters des champions olympiques tels Martin Fourcade, Maurice Manificat ou Coraline Thomas-Hugue qui ont décroché de nouvelles médailles aux jeux d’hiver de Pyeongchang, en Corée du sud.

Une exposition médiatique et un retour en grâce pour le ski de fond qui bénéficient à Prat-de-Bouc et à son domaine de plusieurs dizaines de kilomètres d’un parcours aménagé dans des décors sublimes. Loin de la cohue parfois observée sur les pistes de ski alpin, celles du ski de fond offrent des balades en famille souvent inoubliables. Et pour les sportifs, les pistes damées permettent d’avaler les kilomètres. Un régal. 

David Allignon

Réservation. Pour les cours de ski de fond gratuits le lundi, mieux vaut s’inscrire. Mail : contact@pratdebouc-cantal.fr. Tél. 04.71.23.26.39.

https://www.lamontagne.fr/besse-et-saint-anastaise-63610/sports/l-auvergne-l-autre-pays-du-ski-nordique_12751798/

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