Les 12 phénomènes météo de 2019 qui interpellent sur l’évolution du climat en Auvergne

« La planète, tu la veux bleue ou bien cuite ? » Aperçu dans les mobilisations auvergnates autour de l’urgence climatique, le slogan caricature la perplexité que suscite l’année 2019. Voici des phénomènes météorologiques, que chacun choisira – ou pas – de répertorier en manifestations d’un dérèglement climatique.

Plus de 40°C en été. Du gel à pierre fendre en hiver. Jusqu’à 25 ou 30 degrés de différence entre le lever du jour et le milieu d’après-midi… « Et alors ? » vous répondra un Auvergnat.

Ici, on vit souvent en altitude, ou dans ces vallées qui accrochent les brouillards : les grands écarts de températures, les hivers sans dégel et les canicules estivales, c’est un peu l’identité climatique locale. Mais quand même… Cette année a livré de quoi s’interroger.

1 – Amplitudes thermiques diurnes

Rien de vraiment extraordinaire quand on prend 25°C sur une seule journée d’hiver ou sous un ciel de printemps.

N’empêche, la station météo d’Issoire est passée de presque -6 °C à 21,4 °C entre le lever et le coucher du soleil ce 16 février.

2 – Inversions de température en altitude

Sancy et Cantal sont habitués aux stupéfiantes inversions de températures altitudinales. Elles sont souvent associées à des sommets au dessus des nuages et des plaines qui restent dans le brouillard. Parfois aussi à des vents catabatiques (vents gravitationnels produits par le poids des masses d’air froid)  qui entraînent l’air froid jusqu’au fond des vallées, où il reste bloqué pendant que les hauteurs se réchauffent. 

Mais là encore cela peut être étonnant. Exemple 2019 : – 4,5°C à Chappes pour 10°C 1.100 mètres plus haut, à Chastreix.

3 – Température inédite la nuit, à 1.465 mètres d’altitude

Le 27 juin, à partir de 2 heures du matin, la station du sommet du puy de Dôme a enregistré une brusque montée de la température.

Elle a grimpé jusqu’à 29 °C.

4 – Villes les plus chaudes de France

Pour Clermont, c’était le mercredi 26 juin, avec un record absolu à 40,9 °C. En fin d’après-midi, la ville a même atteint la température la plus chaude enregistrée pour toute la France depuis le début des relevés par Météo France. À 18 heures, ses 40,9 °C ont été détrônés sur le fil par les 41,1 °C du village de Montclus (Gard), mais elle reste la métropole la plus chaude de France.

40,9°C à Clermont-Ferrand le 26 juin : un tel record de chaleur n’avait jamais été relevé aussi précocement dans l’année.

Record encore, le 24 juillet, quand la barre symbolique des 42 °C a été franchie pour la toute première fois sur les tablettes auvergnates : on a enregistré 42,1 °C à Charmes dans l’Allier.

5 – Clermont a vécu sa nuit la plus chaude connue.

C’était le 24 juillet, avec une minimale à 24,4 °C. Record battu sur les tablettes de Météo France. 

6 – Chaud mais sans doute pas autant qu’en 2018.

Le record de température annuelle est tombé l’an dernier. On restera sans doute un tout petit peu en dessous pour 2019.

Au 30 novembre, la température moyenne de l’année était à 13,6 °C à Clermont-Ferrand (13,7 en 2018). À 12,9 °C pour Vichy contre 13,2 °C en 2018.

En Auvergne, depuis 1959, les températures moyennes les plus élevées ont été observées en 2018, 2014 et 2011.

Sur les huit années les plus chaudes presque partout, sept ont été enregistrées à partir de 2003 (1947 arrive au milieu). Pour finir sur le fil des 34 dernières années (par rapport à la période précédente depuis 1947) : Météo France relève qu’il fait deux fois plus chaud, deux fois plus souvent à Clermont.

7 – Canicule précoce

Les départements auvergnats ont enregistré le plus grand nombre de jours de « vigilance orange canicule » depuis que Météo-France les établit. Les canicules ont tendance à être « plus précoces et plus courtes ». Établis par Météo France et les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les scénarios les moins optimistes pour la région prévoient des épisodes de canicule qui pourraient encore doubler en fréquence et en durée d’ici 2050.

Sous la canicule, un élevage de salers dans la vallee de la Jordanne

8 – Sécheresse interminable

Et puis, cette année on a bien compris qu’une sécheresse pourra désormais s’éterniser. Presqu’un an et demi de déficit pluviométrique entre 2018 et novembre 2019. On a fini par retrouver le barrage de La Sep à sec, des agriculteurs désemparés, et subir jusqu’en novembre des arrêtés de restriction d’usage de l’eau !

Dans le Cantal, il a fallu des citernes de 15.000 et 26.000 litres pour partager l’eau, captée à Massiac et des autorisations pour rouvrir d’anciens forages. Alors pour finir l’année, forcément, on pense à l’enjeu climatique. Comme si 2019 devait faire basculer les perceptions. 

Le barrage de la Sep étant vide, pénurie d’eau pour l’irrigation

9 – Record de jours consécutifs sans dégel

Il n’a pas seulement fait chaud sur les monts du Cantal et le Sancy. 2019 a aussi établi un nouveau record de jours consécutifs sans dégel. Le sol est resté de glace pendant 20 jours à Chastreix ! Super-Besse et Saint-Anthème ont enregistré 31 jours de gel… sur 31.

Pas de dégel pendant plus de deux semaines au lac du Guéry

10 – 5.645 éclairs

Il y a eu de l’électricité dans l’air ! Selon les informations fournies par Kéraunos (Observatoire français des tornades et des orages), le Puy-de-Dôme a été le deuxième département le plus touché par les éclairs le lundi 1er juillet lors d’un épisode orageux bref et violent : 5.645 éclairs ont été comptabilisés. D’énormes grêlons sont tombés. La foudre a provoqué des départs d’incendie.

11 – La neige directement après la sécheresse

Les arrêtés liés à la sécheresse étaient à peine levés qu’il y avait déjà 25 à 30 centimètres de neige sous le puy Mary et 20 cm sur les sommets du Sancy. Sancy et Cantal ont vécu, la première offensive de l’hiver dès le 8 novembre.

La route du pas de Peyrol a été fermée le 5 novembre, en prévision de l’hiver. Le col de la Croix-Saint-Robert a été fermé à la circulation le 9 novembre.

Au col de Légal le 11 novembre, avant le redoux.

12 – Quatre tempêtes… Et des vents impressionnants

Aucune tempête de 2019 n’entre dans le top 20 (pour la période qui court du 1er janvier 1981 et le 30 juin 2019, à Clermont-Ferrand). Mais l’Auvergne n’a pas été épargnée.

Gabriel la traversé la région  durant la nuit du 29 au 30 janvier, avec des vents de 100 à 116 km/h dans le Puy-de-Dôme.

Isaïas lui a succédé le 10 février : jusqu’à 115 km/h.

Puis vint Freya, le 4 mars : 113 km/h au col du Béal.

Et déjà le 3 novembre, la première tempête de l’automne a soufflé à 120 km/h.

Dégâts au golf du Sporting de Vichy

Le 13 décembre, nouveau gros coup de vent : environ 15.000 foyers auvergnats ont été privés d’électricité en raison des dégâts causés par les vents violents : jusqu’à 122 km/à Super-Besse. 

Ensuite ? Les dépressions se sont enchaînées. La tempête Elsa est annoncée les 19 et 20 décembre. On enregistre des bourrasques à 140 km/h à Vernines dans le Puy-de-Dôme. Puis suivent immédiatement les vents violents de Fabien dans la nuit du 21 au 22… 

Les vents de la tempête Fabien ont renversé des décoration de noël à Riom, dans la nuit du 21 au 22 décembre 2019

Retour sur les tempêtes les plus violentes enregistrées en Auvergne

2019 n’a heureusement jamais atteint les 158 km/h du 27 décembre 1999 à Clermont-Ferrand.

Anne Bourges

https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/les-12-phenomenes-meteo-de-2019-qui-interpellent-sur-levolution-du-climat-en-auvergne_13707879/

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