L’Auvergne, une terre pour les écrivains

Comme Blaise Pascal, Georges Bataille et Alexandre Vialatte,
François Taillandier, Marie-Hélène Lafon, Pierre Jourde

ont passé leur enfance dans ce pays

où bat peut-être le cœur de la France. Leur œuvre y prend sa source.

François, roman, de François Taillandier : une enfance auvergnate
En se souvenant de son arrière-grand-père, de ses nombreuses tantes et de quelques grands-tantes,
le romancier note avec une pointe d’amusement que des millions d’individus nés avant nous n’ont eu besoin ni de Marx ni de Freud
pour mener une vie pleine et bonne, loin du délire du désir.

Une photographie de classe du début des années 1960 a rendu François Taillandier songeur. Au milieu de ce large cliché en noir et blanc, il a retrouvé un garçon avec une grosse tête, une tignasse coupée en frange et un blouson soigneusement fermé qu’il connaît bien.
«Il y a de la gravité dans son regard ; on sent qu’il ne prend pas les choses à la légère.»

Né à Clermont-Ferrand en 1955, élève de onzième à l’école Saint-Gabriel,
ce François n’est ni tout à fait lui-même ni tout à fait un autre.
L’inventaire des choses qui les unissent et de celles qui les séparent a poussé l’écrivain sur la pente de la rêverie.
«Et certes, ce garçon, c’est bien moi ; mais d’abord, c’est lui, dont les années m’ont éloigné,
au point de lui restituer un quant-à-soi, une intériorité à quoi je n’accède plus.»

On songe naturellement à Bernanos, à l’exorde fameux des Grands Cimetières sous la lune :
«Certes, ma vie est déjà pleine de morts.

Mais le plus mort des morts est le petit garçon que je fus.» Taillandier……

Marie-Hélène Lafon: «Avoir des racines, moi ça m’aide à vivre»
INTERVIEW – L’écrivain, originaire d’Aurillac, vit à Paris depuis trente ans.
Elle revient chaque année passer deux mois et demi dans le Cantal,
un lien qui lui permet de garder ce «rapport agricole au monde» acquis pendant l’enfance.

Marie-Hélène Lafon, née en 1962 à Aurillac, a grandi dans la ferme de ses parents.
Après son bac, elle a quitté le Cantal pour étudier les lettres classiques à la Sorbonne.
Agrégée de grammaire, elle enseigne le français, le latin et le grec à Paris depuis trente ans, mais passe deux mois et demi par an dans son pays.
Elle est l’auteur d’une œuvre belle et âpre, fière et silencieuse comme les lieux et les personnages de son Auvergne natale qui l’inspirent.
Parmi ses romans, citons Les Derniers Indiens, Les Pays , Joseph (Buchet Chastel). Et Le Pays d’en haut qui paraîtra le 20 février (Artaud).
Vous êtes sans doute le seul écrivain contemporain à avoir grandi dans une ferme de montagne. Racontez-nous.
Le Cantal est un pays de moyenne montagne où l’on voit loin.
La ferme de mes parents se trouve seule, isolée, au milieu des trente-trois hectares de terre dont ils étaient propriétaires.

Jusqu’à mon entrée à l’école, à sept ans, c’était le seul univers que je connaissais: les adultes, ma sœur,….

Le voyage du canapé-lit, de Pierre Jourde : le Cantal, sur la terre comme au Ciel
En roulant vers son « Auvergne céleste », avec une gaucherie brusque qui n’est pas dénuée de grâce, le romancier se livre à une longue confession générale.

Et voilà Pierre Jourde, dans une camionnette chargée d’un vieux canapé-lit vert olive,
reparti pour le village du Cantal dont sa famille est originaire et où il a passé toutes ses vacances depuis l’enfance.
À ce village, il avait consacré en 2003 un roman, Pays perdu , qui se voulait être un chant d’amour
mais fut très mal reçu par les habitants qui apprécièrent peu que leurs histoires soient étalées au grand jour.
Le paysan auvergnat est taiseux. Comme l’écrit Jourde, dans ces pays-là, un romancier, c’est un peu comme «un gamin mal élevé
qui parle à tort et à travers pour faire l’intéressant».
La première fois qu’il était retourné dans son village après la parution du livre,
l’accueil fut musclé. Il a raconté l’affaire dans La Première Pierre (2013).
Ce nouveau roman autobiographique embarque une fois de plus le lecteur pour l’Auvergne.
Mais de «cette Jérusalem où tout serait rédimé», écrit Jourde en préambule, il ne sera question que dans les dernières pages. Il ajoute mystérieusement,…


Alto Braco, de Vanessa Bamberger : une Parisienne sur l’Aubrac
Brune, qui ne croyait pas aux racines terriennes,
persuadée que le sentiment d’appartenance était une construction de l’esprit,
va découvrir d’où elle vient.

Les Auvergnats de Paris forment une confrérie bien connue.
Arrivés massivement dès 1850, ils devinrent la plus grosse communauté immigrante de la capitale,
commencèrent comme porteurs d’eau, ferrailleurs, charbonniers, puis de père en fils, finirent par posséder plus de 80 % des cafés, bistrots et brasseries
d’Île-de-France dans les années 1980. À chaque génération, de nouveaux jeunes Auvergnats arrivaient du Cantal et de l’Aubrac aveyronnais

(lequel fait partie de l’Auvergne culturelle, à défaut d’être inclus dans la région administrative).
Cependant, certains s’en retournaient au pays et d’autres ne le quittèrent jamais, continuant jusqu’à nos jours à faire vivre leur ferme de montagne,
à mener leurs vaches à l’estive. C’est ce que découvre la narratrice de ce joli roman hanté par la question de l’héritage.
L’auteur a enquêté, écouté beaucoup d’histoires et d’avis différents pour faire un état des lieux de l’élevage de ces contrées,
de ses impasses et de ses perspectives….

Brune, 38 ans, a été élevée par sa grand-mère et sa grand-tante, deux sœurs inséparables au caractère trempé et fantasque,

nées sur l’Aubrac, arrivées ensemble à Paris en 1955…

https://www.lefigaro.fr/livres/dossier/auvergne-ecrivains-figaro-litteraire

Après Louis le Galoup, roman qui l’a fait connaître en 2003, Jean-Luc Marcastel, originaire d’Aurillac,
est devenu une figure emblématique de la littérature jeunesse.

Cette année encore, il sera présent pour la Foire du Livre de Brive.

Par Solenne Barlot Publié le 07/11/2019 à 07:48
Quelque 35 romans de littérature jeunesse ont fait le succès de Jean-Luc Marcastel.
L’écrivain originaire d’Aurillac sera présent pour la Foire du Livre de Brive.
Un évènement incontournable pour le Cantalien : « Pour moi, c’est un des plus grands rendez-vous dans l’année. »

Son seul regret, ne pas pouvoir passer plus de temps à discuter avec ses lecteurs.
Jean-Luc Marcastel aime le contact et se prête au jeu des dédicaces, avec une particularité : des signatures originales faites avec des tampons de couleur.
Le Cantal comme décor de roman
Avant la foire, Jean-Luc Marcastel peaufine son dernier roman futuriste, qui se déroulera sur sa terre natale :
« C’est ce qu’on appelle un planet opéra, je crée un monde, j’imagine une terre future après un cataclysme,
et qui commencera sur ce qui a été l’Auvergne. Elle sera dorénavant dominée par un volcan géant,
comme elle a pu l’être d’ailleurs puisqu’avant le Cantal n’était qu’un seul et même volcan. »

Avec 300 romans vendus l’année dernière sur la Foire du Livre, Jean-Luc Marcastel est l’un des plus gros vendeurs de l’espace jeunesse.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/cantal/aurillac/ecrivain-aurillac-jean-luc-marcastel-sera-present-brive-foire-du-livre-1746239.html

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