Le château du Sailhant (Cantal) classé aux monuments historiques : « une belle fierté pour le propriétaire »

Si l’inscription de l’édifice aux monuments historiques est une belle récompense et reconnaissance du travail de restauration accompli, c’est aussi et surtout pour son propriétaire la meilleure façon de « protéger le site ».

Fier. Joseph Pell Lombardi peut l’être. En obtenant l’inscription du château du Sailhant, dans sa totalité, aux monuments historiques, l’édifice rentre ainsi dans le cercle des sites patrimoniaux de France. Une récompense suprême qui vient s’ajouter à celle de site remarquable de France que le château arbore depuis 1945. « Une grande nouvelle et une belle fierté pour le propriétaire », assure Camille Huughe, responsable de l’ouverture du château au public. Une belle fierté également pour Saint-Flour et tout le territoire. Et une reconnaissance du travail accompli depuis plus de vingt ans en matière de restauration.

Vingt ans de restauration

Car dès son acquisition en 1997, Joseph Pell Lombardi a mis un point d’honneur à restaurer le château, avec ses propres deniers, dans les règles de l’art, sans y apporter de modifications, « en respectant l’histoire du site, explique Camille Huughe. Mais aussi en ne faisant travailler que des artisans locaux et en le meublant avec des objets et du mobilier de grande valeur ».

Papiers peints d’époque, reproductions de cartes postales auvergnates en faïence bleue dans la cuisine, peintures d’artistes auvergnats, meubles de la région… Rien n’a été laissé au hasard.

« C’est un hymne à l’Auvergne. On sent sa passion et son amour dans chaque pièce », poursuit la jeune femme, conquise par ce travail de restauration qu’elle estime « unique au monde. J’ai étudié l’histoire de l’art et je n’ai jamais vu ça ailleurs ». Mais comment pourrait-il en être autrement ? Joseph Pell Lombardi est non seulement un architecte émérite, mais il est également spécialisé dans la restauration de monuments historiques. Il n’a donc pas hésité à faire appel à des historiens ou des archéologues avant d’engager des travaux colossaux, à l’image de la consolidation des deux tours qui menaçaient ruines, et qui ont redonné au château son éclat d’antan.

Un classement pour protéger le site avant tout

Mais lorsque Joseph Pell Lombardi a décidé de se lancer dans cette démarche de classement aux monuments historiques, fin 2017, l’architecte américain ne cherchait en aucun cas de tirer la couverture à lui. Mais plutôt de « protéger le site pour les générations futures et qu’il ne puisse ainsi plus être modifié ni ballotté », précise la jeune femme. Car depuis l’édification de ses premières pierres au XIe siècle, le Sailhant qui est devenu un château fort au XIVe puis qui a subi, au fil des siècles, diverses modifications architecturales fortes, notamment au XVIIe et XIXe, et de nombreux assauts, a toutefois été « vendu trois fois aux enchères », explique Camille. 

Visites. Le château est ouvert au public depuis juillet 2016 et accueille chaque année un nombre croissant de visiteurs. 9.000 en 2019. Un succès que Camille Huughe explique par le fait « que le Sailhant soit l’un des seuls châteaux ouverts au public autour de Saint-Flour », qu’il soit « meublé et habité », « proche de l’autoroute », mais aussi par les visiteurs eux-mêmes, « qui sont nos meilleurs ambassadeurs ».
Le château est ouvert du 1er avril au 30 septembre et lors des périodes de vacances scolaires. Renseignements au 04.71.60.98.00 ou 06.89.72.08.60.

Isabelle Barnérias

https://www.lamontagne.fr/andelat-15100/loisirs/le-chateau-du-sailhant-cantal-classe-aux-monuments-historiques-une-belle-fierte-pour-le-proprietaire_13690021/

https://www.lamontagne.fr/saint-flour-15100/actualites/un-architecte-american-sauve-le-chateau-du-sailhant_11933272/

https://www.lamontagne.fr/andelat-15100/loisirs/depuis-le-1er-juillet-les-cantaliens-et-les-touristes-peuvent-visiter-le-chateau-et-son-jardin_12003726

http://www.sailhant.com/

Un architecte américan sauve le château du Sailhant

Passionné de patrimoine et tombé sous le charme du château du Sailhant, à Andelat, Joseph Pell Lombardi a mis vingt ans à restaurer l’édifice.

«Je souhaitais acheter une demeure ancienne peu connue, rustique avec une histoire forte… et sans Américain aux alentours », sourit Joseph Pell Lombardi, architecte américain propriétaire du château du Sailhant, à Andelat, depuis 1997. « J’avais à l’époque demandé à mon avocate parisienne de me trouver un château. Lorsque je suis venu pour le visiter, j’ai observé les lieux et j’ai dit à la propriétaire « combien vous le vendez ? », sans même avoir visité l’intérieur », se rappelle-t-il. Tombé littéralement sous le charme, il ne poursuit depuis qu’un seul but : restaurer le château, datant du XII e siècle, en respectant l’édifice, son histoire. Une habitude pour Joseph Pell Lombardi qui a été président du Comité de Venise des monuments du monde et qui a restauré, suite à la demande du gouvernement hongrois, le château médiéval d’Erdödy-Choron. « Depuis mes six ans, je voulais devenir architecte mais pour les bâtiments anciens. J’ai étudié le Moyen-Âge, ce qui est bizarre pour un Américain, car cette période n’existe pas dans notre histoire. » « Rester dans l’esprit auvergnat »

Redonner une vie au château « oui », mais pas n’importe comment. Pendant deux ans, de nombreuses recherches sur l’histoire de la construction du château ont été effectuées, et les travaux ont été décidés en concertation avec un historien français. « Mon souhait était de rester dans l’esprit auvergnat en achetant des peintures d’artistes auvergnats, des meubles de la région puisque lorsque je l’ai acheté, il était entièrement vide. À l’époque, tous ces objets n’étaient pas très populaires, ça n’a pas été très difficile d’en trouver. » Papiers peints d’époque, faïence personnalisée dans la cuisine, rien n’a été laissé au hasard par cet amoureux des vieilles pierres. « Il faut souligner que l’édifice n’a jamais été détruit, ni pendant la Guerre de Cent ans, ni pendant la Révolution. » Près de vingt ans ont été nécessaires pour que le château du Sailhant retrouve son éclat d’antan. Et si l’architecte américain est loquace sur les travaux effectués, il l’est beaucoup moins en ce qui concerne l’investissement effectué pour obtenir ce résultat : « C’est compliqué à déterminer puisque la restauration s’est effectuée sur une longue période. » Une forteresse qui est restée intacte à travers les siècles

Habitant l’édifice seulement quelques semaines dans l’année, « je ne viens que six fois par an, j’ai beaucoup de travail », Joseph Pell Lombardi a décidé de l’ouvrir au public dès le 1 er juillet (lire ci-contre) : « Ce n’était pas juste qu’il ne puisse pas le voir. Sailhant est très important dans l’histoire locale. Et plusieurs personnes m’avaient déjà demandé si elles pouvaient rentrer pour le découvrir. » En charge des futures visites, Camille Huughes n’hésite pas à confier : « Nous avons de la chance. Sans Joseph Pell Lombardi, le château serait probablement entièrement détruit. » Sous le charme de son château, « des paysages des monts volcaniques, des gens d’ici, de la nourriture », Joseph Pell Lombardi ne regrette pas son investissement. Quant à savoir s’il achètera prochainement un autre château auvergnat pour le retaper : « non… enfin pas pour l’instant. »

Manuel Cladière

Au bout de vingt ans de restauration, le château du Sailhant à Andelat ouvre ses portes et livre tous ses secrets au public lors de visites guidées.

De mémoire d’Andelatais, c’est une première : « Je suis là depuis 1972 et je ne me souviens pas d’avoir déjà vu le château du Sailhant ouvert au public », glisse Daniel Miral, maire de la commune. Et pourtant, depuis le 1er juillet, les Cantaliens et les touristes peuvent pousser les portes du château et visiter ses nombreuses salles fourmillant de mobilier auvergnat. « S’il n’avait pas été là, je ne sais pas dans quel état le château serait »

Mais il a fallu vingt ans de rénovation pour arriver à ce résultat et surtout la passion d’un architecte américain, Joseph Pell Lombardi. « S’il n’avait pas été là, je ne sais pas dans quel état le château serait, poursuit le maire d’Andelat. C’est un cadeau tombé du ciel. En tant qu’élu, je n’avais pas de solution. » Et pourtant, le pari était loin d’être gagné.

Lorsque Joseph Pell Lombardi a acquis la demeure, en 1997, elle était dans un triste état. Tout était à refaire : la toiture, l’intérieur… Et rien ne laissait présager, au tout début, que le château serait, un jour, ouvert aux visiteurs comme le raconte son épouse : « Au début il disait non, non, non. Et un jour, il m’a dit : « pourquoi nous ne le ferions pas visiter ? » » Il faut dire que le couple réside dans le château quelques semaines par an et qu’ils laissent donc des inconnus rentrer dans leur chambre, leur salon… Mais du côté des Andelatais, c’est « une vraie fierté d’habiter en bas du château ».

Aux commandes des visites guidées, Camille Hughes qui connaissait le couple d’Américains avant d’accepter ce poste de guide. Ayant fait des recherches sur le château, son histoire, son architecture, elle a livré les premiers secrets de la bâtisse le 30 juin dernier à une poignée d’invités lors de l’inauguration du Sailhant.Le jardin en prémices

Regroupés dans le jardin du château qui surplombe le hameau du Sailhant, les visiteurs découvrent l’architecture du château et son étrange destin. Les premières traces du château dans les écrits, remontent au XIII e siècle. « L’aspect qu’il présente aujourd’hui est celui du XIX e siècle, lorsque son propriétaire de l’époque, Mary Raynaud, lance des travaux pour le restaurer », explique Camille Hughes. Banquier, ce dernier n’a pas eu le temps de terminer les travaux entrepris : « C’était un escroc. Et lorsque sa faillite a été découverte, tout s’est arrêté et le château fut vendu. Mary Raynaud de son côté s’est enfui aux Etats-Unis. » Ironie de l’histoire, c’est un Américain qui a sauvé le château un siècle plus tard.

De salle en salle, Camille Hughes saute de siècle en siècle : « Ici nous avons retrouvé un morceau de tapisserie datant de l’époque. Joseph Pell Lombardi a fait appel à une grande entreprise française pour qu’elle refasse à l’identique le papier. »

Un énorme travail qui semble émerveiller tout le monde, et force la reconnaissance envers cet Américain, plus communément appelé « Jo ».

Contact. Information et réservation auprès de Camille Hughes au 04.71.60.98.00 ou au 06.89.72.08.60. Tarifs : 10 € adulte, 5 € enfant et étudiant (6 à 12 ans), 7 € par personne pour les groupes de 15 à 19 personnes.

Manuel Cladière

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