Insolite. Le département du Cantal nouvelle terre du cinéma ?

Le Cantal a déjà accueilli plusieurs productions cinématographiques et émissions de télévision. Depuis peu, le département a passé la seconde, avec de nouveaux partenariats et l’accueille de nombreuses productions. Cette année, ce sont au moins trois films qui sont tournés dans les paysages du Cantal. Nous avons rencontré Bruno Faure, pour revenir sur ce nouvel axe de promotion et de mise en valeur du territoire.
Une nouvelle corde à son arc

Voix du Cantal : Pourquoi accentuer l’accueil de productions cinématographiques dans le Cantal ?

Bruno Faure : C’est une nouvelle mesure pour contrer le manque de notoriété du département. Nous avons déjà réussi sur plusieurs volets, avec notamment la marque « Cantal Auvergne » qui rencontre un vif succès. Les Cantaliens sont fiers de leur département et sont de merveilleux ambassadeurs. Nous avons aussi une belle présence sur les événements sportifs, comme le Tour de France, le critérium du Dauphiné… Nous entretenons également de bonnes relations avec la télévision, notamment avec TF1. Toutefois, nous nous devons de trouver de nouveaux axes et le cinéma en fait partie. L’agence du cinéma de la région « Auvergne Rhône Alpes cinéma » nous a beaucoup aidés et nous avons pu obtenir d’importantes programmations avec de nombreuses productions. Le but étant de mettre en avant les atouts du Cantal.

VDC : Revenons un moment sur les différentes productions de cette année 2019.

B.F. : Cette année, nous avons accueilli le film « Mystère » (de Denis Imbert, tourné du 5 au 30 août, du 9 au 21 septembre, et du 3 au 14 février 2020 dans le Cantal) un film qui met en avant les paysages du département. Nous avons également pu parler de la problématique du loup et de la situation que rencontrent les éleveurs actuellement. Nous ne sommes toutefois pas tombés dans une communication « anti-loup » qui ne correspondait pas au film. Par la suite nous avons eu le tournage de « Délicieux » (de Éric Besnard, tourné du 9 septembre au 28 octobre à Brezons dans le Cantal) qui parle du premier restaurant au monde. En ce moment, nous avons aussi le plaisir d’accueillir la production du premier film de Vincent Duquesne, « Garder ton nom », un réalisateur cantalien, sur le territoire aurillacois et la Châtaigneraie.

VDC : D’autres films sont également à venir dans les mois/années à venir ?

B.F. : En effet, le Cantal accueillera prochainement « Tendre et Saignant » (avec Christophe Thompson à la réalisation et Gérard Depardieu et Kad Merad au casting). Une comédie qui mettra en avant la race Salers et le terroir cantalien. Un biopic sur l’histoire de Gustave Eiffel est également en cours de négociation, avec Romain Duris à l’affiche. Un film qui mettra à l’honneur le viaduc de Garabit.

VDC : Comment s’est passé la mise en place de toutes ces productions ?

B.F. : Ce fut une grosse bataille pour obtenir le tournage de ces films dans le Cantal. Ce qui a fait la différence, c’est notamment l’aspect facilitateur du département sur de nombreux aspects : accueille, logistique, relationnel, conseil sur les sites potentiels de tournage… Le Cantal n’a pas apporté que des fonds, mais tout un panel de services qui ont fait la différence, et ce, sans forcément coûter au territoire.

VDC : Côté budget, que représente l’accueil de ces films ?

B.F. : L’enveloppe globale pour l’ensemble des productions représente 250 000 €. Mais ce n’est pas que le département qui finance cette somme, sinon nous aurions dû couper sur d’autres secteurs, ce qui fût inenvisageable. Nous avons donc fait appel à de nombreux partenaires pour nous aider, comme le CIF, le label rouge Salers, la fondation crédit agricole…

VDC : L’accueil de ces productions n’a pas seulement pour but de mettre une nouvelle fois les paysages en avant ?

B.F. : Tout à fait. L’idée était d’ancrer les films dans le Cantal, pour que les spectateurs puissent facilement se rendre compte que c’est chez nous que le film est tourné, et non pas dans les Vosges ou le Jura par exemple. Dans la mesure du possible, nous avons réalisé en accord avec la production, le saupoudrage de touches subtiles de Cantal dans le film. Citer clairement, par exemple, des lieux emblématiques du département (Puy Mary, le Lioran…), de nos produits (Cantal, viande Salers…) pour que le Cantal soit clairement identifiable. Les différents acteurs ont également bien joué le jeu sur les réseaux sociaux. Mais il ne faut pas non plus sombrer dans l’abus. Notre but est de promouvoir le Cantal, mais également de rester cohérent avec le territoire et le respect de ce dernier.

VDC : Ces différentes productions annoncent de belles retombées ?

B.F. : Il faut garder la tête froide, car on ne sait jamais à l’avance comment va être l’accueil du public. Toutefois, nous avons déjà pu constater d’importantes retombées économiques sur les différents territoires où les tournages se sont passés. Les hôtels, les restaurants concernés par les zones de tournage, ont pu travailler hors-saison ce qui est également très important.

VDC : D’autres opérations en rapport avec le cinéma vont avoir lieu ?

B.F. : Nos équipes travaillent sur la possibilité de réaliser des avants premières avec des membres de l’équipe ou des acteurs des films tournés dernièrement sur notre territoire, sur l’ensemble du Cantal et pas qu’à Aurillac, mais c’est encore à caler. On peut également envisager le déplacement de porte-étendard, comme le CIF ou le label rouge Salers, sur d’autres villes, lors d’autres avants-premières, pour la mise en place de dégustation.

https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/aurillac_15014/insolite-departement-cantal-nouvelle-terre-cinema_29229274.html

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