La bête du Gévaudan, la mystérieuse créature qui semait la terreur dans les campagnes

«Monstres légendaires»: La bête du Gévaudan, la mystérieuse créature qui semait la terreur dans les campagnes

SERIE (1/5) Au XVIIIe siècle, une étrange bête s’attaquait aux habitants du Gévaudan, un territoire sauvage au sud de l’Auvergne…

Thibaut Chevillard

Publié le 13/08/18 à 09h05 — Mis à jour le 13/08/18 à 09h05

Novembre 1764. La nouvelle est enfin arrivée jusqu’à Paris, d’où la presse s’en fait l’écho.
Une « bête farouche » répand « la consternation dans toutes les campagnes » du sud de l’ Auvergne depuis maintenant deux mois, indique La Gazette de France,
le 23 novembre. Les habitants du Gévaudan sont terrorisés.

« Elle a déjà dévoré une vingtaine de personnes, surtout des enfants et particulièrement des jeunes filles », s’inquiète le premier journal français
à avoir été publié. « Il n’y a guère de jours qui ne soient marqués par quelque nouveau désastre.
La frayeur qu’elle inspire empêche les bûcherons d’aller dans les forêts, ce qui rend le bois fort rare et fort cher. »

« On ne peut pas parler de psychose mais cette bête suscitait une grande peur dans la région », raconte Blandine Gires,
responsable du musée fantastique de la Bête du Gévaudan, à Saugues ( Haute-Loire).

Il faut dire que cet animal « est beaucoup plus haut qu’un loup », écrit début novembre le correspondant du journal dans le Gévaudan.
« Il est bas du devant et les pattes sont armées de griffes.
Il a le poil rougeâtres ; la tête fort grosse, longue et finissant en museau de levrier ; les oreilles petites, droites comme des cornes ;
le poitrail large et un peu gris ; le dos rayé de noir, et une gueule énorme armée de dents si tranchantes
qu’il a séparé plusieurs têtes du corp comme pourrait le faire un rasoir. »
Prières publiques

Cette bête, que certains disent sortie des enfers, attaque ses proies « toujours au cou par-derrière ou par le côté ».
Il faut agir vite, éviter qu’elle ne fasse davantage de victimes.
On organise des prières publiques afin de la repousser,
et le marquis de Marangis « a rassemblé quatre cent paysans pour donner la chasse à cet animal féroce ».
Mais les mois passent, et elle demeure introuvable dans cette région située du côté de la Lozère, de la Haute-Loire, du Cantal et de l’ Ardèche.
« Si on n’est pas bientôt délivré de ce fléau, on n’osera plus sortir pour aller aux champs,
parce que les productions de la terre venant à être assez élevées pour cacher la bête, on sera toujours dans la crainte d’en être surpris », écrit le 8 mai 1765 le correspond de La Gazette à Montpellier.

Il y a bien eu cet homme, Martel de la Chaumette, qui, après avoir aperçu la créature depuis sa fenêtre, est sorti de chez lui avec ses deux frères,
armés de fusils. Durant leur traque, le cadet de la fratrie lui a tiré dessus à au moins deux reprises.
« Il paraît qu’elle a été bien blessée et on l’a suivie jusqu’à la nuit à la trace du sang qu’elle répandait en abondance. »
Martel de la Chaumette était même certain qu’elle ne survivrait pas à ses blessures.
Mais le lendemain, elle récidive en égorgeant « une fille âgée de 40 ans, dans un pâturage du lieu de Pépinet, près la ville de Saugues ».
Louis XV moqué par les Anglais

De nouvelles chasses sont alors organisées pour neutraliser « la bête féroce du Gévaudan ».
Un jour, « un chasseur la tira à vingt pas et crut la toucher, mais elle gagna la montagne et il ne fut pas possible de la retrouver »,
relate La Gazette, le 3 juin 1765. Et la bête continua « ses ravages avec autant de fureur que jamais ».
Ainsi, le 24 mai, « elle dévora une fille à Mazelle et une autre à Saint-Privas en Auvergne.
Le même jour, elle attaqua à Marsilla une fille à qui elle ne fit aucun mal ;
un jeune garçon de 14 ans vint au secours de cette fille et enfonça dans le flanc de la bête une baïonnette qu’il retira ensanglantée ».
Mais une fois de plus, l’animal parvient à prendre la fuite et s’évapore dans le bois de Clavières.

Il y a bien eu cet homme, Martel de la Chaumette, qui, après avoir aperçu la créature depuis sa fenêtre, est sorti de chez lui avec ses deux frères, armés de fusils. Durant leur traque, le cadet de la fratrie lui a tiré dessus à au moins deux reprises. « Il paraît qu’elle a été bien blessée et on l’a suivie jusqu’à la nuit à la trace du sang qu’elle répandait en abondance. » Martel de la Chaumette était même certain qu’elle ne survivrait pas à ses blessures. Mais le lendemain, elle récidive en égorgeant « une fille âgée de 40 ans, dans un pâturage du lieu de Pépinet, près la ville de Saugues ».
De nouvelles chasses sont alors organisées pour neutraliser « la bête féroce du Gévaudan ».
Un jour, « un chasseur la tira à vingt pas et crut la toucher, mais elle gagna la montagne et il ne fut pas possible de la retrouver », relate La Gazette,
le 3 juin 1765. Et la bête continua « ses ravages avec autant de fureur que jamais ».
Ainsi, le 24 mai, « elle dévora une fille à Mazelle et une autre à Saint-Privas en Auvergne.
Le même jour, elle attaqua à Marsilla une fille à qui elle ne fit aucun mal ;
un jeune garçon de 14 ans vint au secours de cette fille et enfonça dans le flanc de la bête une baïonnette qu’il retira ensanglantée ».
Mais une fois de plus, l’animal parvient à prendre la fuite et s’évapore dans le bois de Clavières.

La bête du Gévaudan a tué entre 88 et 124 personnes selon les sources. — BnF Gallica

https://www.20minutes.fr/societe/2315951-20180813-monstres-legendaires-bete-gevaudan-mysterieuse-creature-semait-terreur-campagnes

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