Le cinéma donne des ailes à Christian Moullec et Nicolas Vanier

Du Cantal à la Norvège, en passant par la Sologne, le nouveau film du réalisateur Nicolas Vanier, Donne-moi des ailes, raconte l’histoire vraie de Christian Moullec, qui oeuvre depuis plus de vingt ans à la sauvegarde des oiseaux migrateurs.

«C’est un vol en ULM avec les oies naines qui a convaincu le réalisateur Nicolas Vanier de faire ce film. » Octobre 2017, aérodrome de Coltines, le metteur en scène de L’École buissonnière, Belle et Sébastien et du Dernier trappeur vit une expérience inoubliable dans le ciel cantalien aux côtés de Christian Moullec.

Dès lors, le projet de son prochain long métrage prend son envol. Il a pour titre :
Donne moi des ailes .

L’histoire ? Celle de l’ornithologue et météorologiste Christian Moullec qui consacre sa vie à la protection et à la réintroduction des oiseaux migrateurs.

Christian Moullec, ce biopic raconte votre combat pour la sauvegarde
des oiseaux migrateurs, que vous menez depuis 1999. Comment s’est déroulée l‘écriture du scénario ?

Avec mon ami Matthieu Petit, nous nous sommes basés sur mon vécu, mon expérience relatée dans deux livres. Il est venu à Coltines pour des séances
d’écriture régulières. Nous étions dans une cabane perchée dans les arbres, au-dessus de la canopée cantalienne, pour trouver l’inspiration.

Nicolas Vanier a lu le scénario et vous vous êtes rencontrés à Coltines.
Une rencontre capitale pour le projet…

C’est ça. Matthieu Petit avait proposé le scénario à différents producteurs à Paris.
L’un d’eux l’a fait lire à Nicolas Vanier qui a flashé sur le projet. Mais c’est surtout le vol à Coltines en 2017 qui a été décisif. Nous nous sommes très bien entendus. Nous avons une passion commune pour la nature, lui avec ses chiens de traîneaux
et moi avec mon traîneau aérien et mes oies.

Le film est-il fidèle au scénario initial ?

En tant que réalisateur, Nicolas Vanier a apporté des idées, notamment sur les dialogues. Mais ça reste l’histoire de la réintroduction de l’oie naine, de mon couple et on a ajouté, avec Matthieu, le personnage de l’adolescent qui est en fait ce que ma femme Paola a vécu sur la migration.

Jean-Paul Rouve a été choisi pour incarner votre rôle à l’écran.

Je ne vais pas souvent au cinéma. J’en avais entendu parler. J’avais vu des extraits du film Les Tuche et je me suis dit : “Mince, ce n’est peut être pas un comique qu’il faut pour ce film” (rires). Je l’ai rencontré à Paris en 2017 avec Mélanie Doutey aux côtés des producteurs. Ils étaient très sympathiques mais il fallait que je le vois
jouer. Et j’ai compris sur le tournage que c’était un bon acteur, qu’il était capable de tout jouer.

Parlez nous du tournage.

Il s’est déroulé en 2018, pendant neuf semaines pour moi, entre le printemps et l’automne. Tout ce qui s’est fait en vol, c’est moi. En plus d’être auteur et scénariste, j’étais réalisateur pour la deuxième équipe. Des scènes en vol, s’agissant de la tempête, ont été tournées dans le ciel de Coltines et pour la suite, nous sommes allés en Sologne et un peu partout en France, et surtout en
Norvège. Il n’y avait pas deux journées semblables. C’est toujours compliqué de tourner avec des animaux. Il faut travailler dans le respect des oiseaux, on ne peut pas leur imposer n’importe quoi. D’autant plus qu’on leur demande de voler
parfaitement, de manière efficiente, il faut donc qu’ils soient en parfaite santé. Il fallait aussi composer avec la météo car, en Norvège, l’aérologie est très compliquée. Je volais avec les oies dans des fjords, au milieu de falaises de mille mètres, entre mer et montagne, c’était beau et effrayant à la fois. J’avais l’impression de voler dans une cathédrale !

Vous avez des anecdotes à ce propos ?

Oui. Plein. Sur une scène dans les îles Lofoten, mon ULM s’est retrouvé à la verticale, poussé par un courant ascendant totalement inattendu. Un autre jour, des vents contraires m’ont obligé à voler au ras des flots. Finalement, je me suis
échoué sur une crique. J’étais seul avec mes oiseaux, la nature autour de moi et nous avons attendu que ça se calme. La nature vous donne toujours une petite
claque pour vous rappeler qu’il faut faire très attention.

Que retenez-vous de cette expérience cinématographique ?

Depuis vingt-cinq ans que je vole avec les oiseaux, je crois pouvoir dire que j’ai vécu beaucoup d’aventures. Et c’est certainement l’une des plus fortes. Une
vraie aventure, dans un décor naturel exceptionnel. Ce film était un pari. Le film parle aussi de la nécessité de préserver la nature et la biodiversité. J’ai accepté ce film pour diffuser un message : expliquer ce qu’il se passe. Je suis météorologiste et passionné d’ornithologie. Le réchauffement climatique est une réalité. Rien qu’en Europe, ces trente dernières années, un tiers des oiseaux ont disparu. Les hirondelles, 90 %. Bientôt, les printemps seront silencieux.

David Allignon

https://www.lamontagne.fr/coltines-15170/loisirs/le-cinema-donne-des-ailes-a-christian-moullec-et-nicolas-vanier_13647426/

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