Comment fonctionne la plateforme Agrilocal15, qui favorise les circuits courts dans le Cantal

Permettre aux collectivités, publiques ou privées, et aux producteurs locaux de pouvoir pratiquer des échanges commerciaux directs : c’est l’objectif de la plateforme Agrilocal15, mise en place par le Département du Cantal.
Permettre aux fournisseurs et aux clients de passer commande, via un site internet

L’idée était simple, mais la mise en place a pris du temps. En 2015, la plateforme Agrilocal15 voyait le jour, et n’a eu de cesse de progresser. L’idée ? Permettre aux fournisseurs locaux et aux clients, tout aussi locaux, d’entrer en contact, de passer commande, via un site accessible.

D’un volume d’échange de 18.500 € en 2015, il est, pour les huit premiers mois de 2019, de 118.000 € : 495 produits référencés (de 27 familles de produits), 67 acheteurs pour 115 fournisseurs.

Et si les actions de promotions du Conseil départemental du Cantal se multiplient, le salon qui se tient à quelques jours de l’automne, permet un contact direct entre les utilisateurs du site.
Ce que les producteurs en pensent

Ce mercredi 18 septembre, dix-sept producteurs étaient présents dans l’atrium du Département, ainsi que deux stands d’informations (Agrilocal15 et Chambre d’agriculture).

« Nous sommes sur la plateforme depuis quasiment le début. C’est simple, clair et intuitif. Nous ne sommes pas une entreprise. Mais nous travaillons en famille et nous savons nous adapter à la demande. Et puis, entre les producteurs locaux, il y a une belle solidarité »

étienne besson (ferme de Bassignac, yaourts et crèmes fraîches)

Pour Morgane Vidalenc, qui produit avec Gary Neyret, des légumes « bio » à Saint-Constant-Fournoulès, la démarche est un peu différente : « Nous avons lancé notre activité en janvier dernier, mais nous étions déjà là, au salon, l’an dernier.

La jeune explique sa présence, tant au salon que sur la plateforme : « A ce jour, nous n’avons pas de difficultés pour écouler nos produits. C’est plus par motivation sociale que nous sommes inscrits, car on aimerait que tous les enfants puissent mieux manger dans les cantines. Le salon nous permet d’échanger, de discuter en direct avec les acheteurs, les responsables de collectivités. Et nous permettre aussi d’adapter notre production aux besoins ».

Enfin, Gaëlle Pierrier n’est pas encore inscrite : « Ce sera fait dès que la connexion internet sera revenue chez moi… », explique la responsable de La Roche aux fruits, qui transforme les fruits en sirops, compotes, coulis, sorbets… « J’ai repris il y a trois ans l’affaire de Bernard Rochon parti à la retraite. Nous manquons encore de visibilité, et comme nous n’avons pas le temps de démarcher, la plateforme sera utile. Nous pouvons adapter notre production à la demande, faire des portions individuelles par exemple. Il suffit qu’on en parle », souligne Gaëlle Pierrier qui espère que sa participation à Agrilocal15 « portera ses fruits »…

Bruno-Serge Leroy

https://www.lamontagne.fr/aurillac-15000/actualites/comment-fonctionne-la-plateforme-agrilocal15-qui-favorise-les-circuits-courts-dans-le-cantal_13644349/


Talents d’ici : quand le Cantal réinvente le commerce de proximité

Depuis le 17 octobre, un magasin d’un nouveau genre a ouvert à Massiac (Cantal). Mêlant artisanat et produits alimentaires, Talents d’ici fait la part belle aux circuits courts. L’aventure associe producteurs et consommateurs à l’initiative de deux anciens restaurateurs

A première vue, Sylvie Séguy colle au portrait-robot de la cliente ordinaire. La jeune retraitée navigue entre les rayonnages du magasin, remplissant petit à petit son panier de produits frais et locaux.

Sauf qu’en ce matin lumineux de décembre, elle est aussi venue avec un plat de petits gâteaux dont la recette est tenue secrète. Histoire de prendre le café avec ses associés de Talents d’ici.
Un ovni commercial

C’est que la pétillante Cantalienne fait partie des fondateurs de cette boutique d’un jour nouveau qui mêle consommateurs, producteurs et salariés au sein d’une démarche qui fleure bon l’économie sociale et solidaire.

Depuis mi-octobre, l’ovni commercial, qui a pris la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), a pignon sur rue à Massiac (Cantal), juste à la sortie de l’autoroute A 75.

« Donner de mon temps »

« Ce qui m’a séduit?? Leur envie de créer, leur motivation. Et puis, comme j’étais plus libre à la retraite, j’ai voulu donner de mon temps. C’est agréable même si nous avons enchaîné les péripéties. Cela a été tellement laborieux, notamment pour les travaux, qu’à un moment, on y croyait plus », sourit la cliente associée, tout en sirotant son café devant Jacques et Catherine Ducatillon, le duo sans lequel l’aventure se serait sans doute terminée en queue de poisson.

La forme juridique, SCIC pour société coopérative d’intérêt collectif, fonctionne selon des principes précis. « Il y a deux choses essentielles. L’argent ne sert pas à créer de l’argent mais de l’emploi. 60 % des bénéfices sont réinvestis. Et, au niveau de la gouvernance, quel que ce soit le nombre de parts sociales, une personne égale une voix », explique Jacques Ducatillon.

Originaire du Nord, le couple est tombé amoureux voilà une grosse dizaine d’années de l’Auvergne. Au point de s’y installer définitivement et d’ouvrir une auberge et une chambre d’hôtes à Blesle (Haute-Loire). Le début d’une immersion dans la vie locale qui allait mener à l’ouverture de Talents d’ici.

« Valoriser les productions agricoles locales »

« Pour l’auberge, nous avions logiquement choisi de nous approvisionner localement. C’est comme cela que nous avons fait la connaissance des producteurs. Comme nous étions assez impliqués avec les acteurs du patrimoine naturel, bâti, gastronomique et artisanal, nous avons gagné une crédibilité dans le tissu associatif dans tout un tas de sujets liés au tourisme, dévoile Jacques. Or, il se trouvait que, depuis deux ans et demi, trois ans, l’ancienne communauté de communes de Massiac réfléchissait à la façon de valoriser les productions agricoles locales. »

L’ex-responsable de rayon produits frais en grande distribution et son épouse ont déboulé à un moment charnière.

« Rien n’aboutissait, poursuit-il. Les élus attendaient que les producteurs s’organisent. Et pour ces derniers, c’était l’inverse. C’est dû à la physionomie du territoire avec de petites exploitations. Les magasins de producteurs se créent, au contraire, dans des régions avec de grosses productions où il y a de la main-d’œuvre. Ici, les paysans n’ont pas le temps de bâtir ce type de projet. »
« Le territoire est très riche »

Cela tombait bien. Le couple venait de vendre ses chambres d’hôtes et cherchait, lui aussi, à créer une nouvelle activité.

« Le territoire est très riche mais trouver les infos s’avère compliqué. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour valoriser les producteurs et plus généralement les talents de la zone. Nous sommes venus présenter notre projet à la com’com. Et nous avons enclenché une dynamique pour entraîner les producteurs. Ce n’était pas gagné. Certains ne nous connaissaient pas. Et se demandaient sans doute : tiennent-ils la route?? », rigolent aujourd’hui les deux salariés.

Les porteurs du projet ont reçu, aux différents stades, le soutien de plusieurs organismes, comme l’Union régionale des Scop d’Auvergne, Alter’Incub et France Active Auvergne-Rhône-Alpes. La mise de départ, environ 30.000 €, a été financée par un prêt de 17.500 € et un apport en capital des fondateurs de 13.140 €.

Fondé sur un principe de solidarité et d’utilité sociale, le projet des Ducatillon parvient à fédérer une grosse dizaine de producteurs et artisans. D’avril 2016 à l’ouverture, le 17 octobre 2018, le chemin aura été long.
« Un endroit stratégique »

Mais personne ne regrette aujourd’hui de s’être lancé dans l’aventure. « C’est un circuit de commercialisation en plus, placé à un endroit stratégique qui peut nous amener une clientèle touristique », savoure Mathieu Chessel, producteur de saint-nectaire et de salers à Allanche.

« Catherine et Jacques ont créé leur emploi et nous, un outil de développement à notre échelle de petits producteurs. C’est une belle démarche, plus humaine, où les gens apprennent à se connaître. C’est un lieu de vie, de transmission », concluent Géraldine Caulus et Nicolas Roux, apiculteurs récoltants à Saint-Poncy.

Un drive fermier dans le premier trimestre

Les débuts de Talents d’ici sont prometteurs. En plus des onze producteurs et artisans fondateurs, la boutique commercialise les produits de 42 autres « dépôt-vendeurs ». Idéalement placé à l’entrée de Massiac, le magasin retrouve même sa vocation primaire.

« M. Paulhan, ancien président de la chambre des métiers du Cantal avait fait construire le bâtiment pour valoriser l’artisanat local », rappellent Jacques et Catherine Ducatillon (photo) qui se montrent, eux aussi, confiants.

« Cela tourne bien. Mais nous accueillons encore beaucoup de curieux. Nous n’avons pas fait trop de pub. Nous sommes sur de petites productions. Nous voulons monter progressivement en puissance. Nous projetons notamment de créer un drive fermier. Les gens commanderont sur internet et viendront récupérer en magasin. Nous visons le premier trimestre de cette année quand nous aurons mieux cerné nos besoins en approvisionnement. »

Textes : Dominique Diogon
Photos : Pierre Couble

Contact : Talents d’ici 95 bis avenue du Général de Gaulle. 15500 Massiac. Tel : 04.71.60.15.60 ou 06.82.59.94.19

https://www.lamontagne.fr/massiac-15500/actualites/talents-dici-quand-le-cantal-reinvente-le-commerce-de-proximite_13100760/

https://www.lamontagne.fr/massiac-15500/economie/des-producteurs-se-regroupent-dans-un-magasin-a-massiac_12873148

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