Comment la catastrophe du Mont-Blanc a provoqué la construction du tunnel du Lioran dans le Cantal

Construit il y a 180 ans, l’ancien tunnel du Lioran est passé d’un ouvrage vétuste et dangereux à une indispensable sortie de secours en soutien du nouveau tunnel routier de la RN 122.
Retour sur la création et la réglementation de ce dernier, dans le sillage de la catastrophe du Mont-Blanc, en 1999.

24 mars 1999. C’était il y a vingt ans. Durant 48 heures, le tunnel du Mont-Blanc, en Haute-Savoie, fut le théâtre d’un violent incendie et vit périr 39 personnes.
Cette catastrophe, aussi lointaine soit-elle géographiquement et temporellement est pourtant liée à la destinée du tunnel du Lioran, ouvert à la circulation en 2007.
Avant lui, les automobilistes n’avaient d’autre choix, lorsqu’ils circulaient sur la RN 122, que d’emprunter l’un des plus anciens tunnels en circulation de France,
la première version du tube du Lioran, construite à partir de 1839.

L’épisode dramatique de l’ouvrage du Mont-Blanc a sensiblement changé le cours de l’histoire de la RN 122 et posé les bases du chantier du siècle.
80 millions d’euros et plusieurs années de travaux furent nécessaires pour perforer le puy de Massebœuf afin d’y conduire la Nationale et plus de 5.000 véhicules au quotidien sur 1.515 mètres.

Depuis longtemps, le Cantal dans ses diverses nuances appelait de ses vœux une deuxième version de son tunnel qui, au-delà d’un charme suranné certain,
n’était plus à la hauteur des enjeux de la route. Plus court de cent mètres que l’actuel, exigu (5,15 m de large, 6,50 m de haut),
« il se traversait à double sens et un alternat poids-lourds régulait le trafic,
détaille Benoît Pratoussy, chef de centre d’exploitation de Murat pour la DIR (direction interdépartementale des routes) Massif central.
Mais les poids lourds et les voitures pouvaient se croiser, on voit encore les traces des camions qui ont frotté sur la voûte ».
On raconte aussi que des portes en bois isolaient le tunnel de chaque côté pour éviter les courants d’air, dangereux pour les chevaux ou encore la règle du témoin pour autoriser un camion à entrer avant la mise en place de feux de circulation.

Il fut l’un des plus vieux tunnels routiers en activité avant de devenir une issue de secours accessible par des galeries en cas d’urgence dans le nouveau tunnel du Lioran, mis en circulation en 2007.

La lumière est donc venue des conséquences tirées de la tragédie franco-italienne.
Au-delà de la création d’un nouvel ouvrage, l’empreinte porte aussi et surtout sur la réglementation du tunnel,
à l’instar de ses semblables français, longs de plus d’un kilomètre,
après que l’ensemble du parc national a été réétudié en matière de sécurité au début des années 2000.
L’ancien tunnel était l’un des plus dangereux de France

Cela n’est pas toujours compris par les usagers – « dans l’esprit des gens, un nouveau tunnel ne doit pas fermer parce qu’il est neuf », pique Benoît Pratoussy
mais le tunnel est infranchissable chaque premier mardi du mois pour des vérifications de contrôle.

« C’est du préventif, avance le responsable de l’ouvrage pour la DIR, on capitalise sur d’éventuels dysfonctionnements
et on va voir ce que l’on peut régler sur place ou si l’on prévoit des interventions de maintenance curative. »

Ce mardi-là, une barrière de sécurité est à la peine. En dehors de ce créneau d’autopsie du tunnel dans ses entrailles,
il serait impossible aux services d’avoir « une vision sur la fonctionnalité des équipements », soutient Benoît Pratoussy.

Si les mesures de sécurité ont pu passer à la trappe par le passé, comme au Mont-Blanc, elles sont prises avec précaution désormais,
via le triptyque contrôle, entretien, prévention.
Le centre d’ingénierie et de gestion du trafic (CIGT) d’Issoire y veille au quotidien grâce à vingt-six caméras et en pilotant tous les équipements à distance. Ainsi, en cas de détection de piéton, d’objet sur la chaussée ou de véhicule arrêté,
l’opérateur reçoit une alarme, regarde, vérifie, valide et engage le processus de fermeture d’urgence du tunnel.
D’où la nécessité de disposer de maillons réactifs et efficaces, sur le qui-vive.

Classé parmi les quatre tunnels routiers « très dangereux », dans un rapport post-catastrophe, en 2000, le Cantalien est devenu un ouvrage bitube efficace, l’ancien ayant muté en voie de secours en cas d’urgence dans l’ancien, accessible par quatre galeries.
Depuis 2007, un seul accident (léger) s’est produit sur cet axe de la RN 122.

https://www.lamontagne.fr/aurillac-15000/actualites/comment-la-catastrophe-du-mont-blanc-a-provoque-la-construction-du-tunnel-du-lioran-dans-le-cantal_13611440/

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close